Votre audit de surveillance tombe dans six semaines, vous préparez votre classeur de preuves, et vous cherchez « indicateur 22 Qualiopi » parce qu'on vous a dit qu'il portait sur le recueil des appréciations. Les pages que vous trouvez vous parlent d'enquêtes de satisfaction. Problème : ce n'est pas ce que dit l'indicateur 22. Le recueil des appréciations relève de l'indicateur 29, dans le critère 7. Cette confusion de numérotation circule beaucoup, et elle coûte du temps de préparation dans le mauvais dossier. Voici ce que disent réellement les deux indicateurs, et surtout ce que l'auditeur vous demandera de prouver que vous avez fait des réponses reçues.

Que dit réellement l'indicateur 22 du référentiel ?
L'indicateur 22 appartient au critère 5 du Référentiel National Qualité, celui qui porte sur la qualification et le développement des connaissances et des compétences des personnels chargés de mettre en œuvre les prestations. Son objet est de démontrer que vous entretenez et développez les compétences des personnes qui délivrent le bilan. Aucun rapport avec la satisfaction des bénéficiaires.
Les preuves attendues sont datées et nominatives : formations suivies sur les outils d'accompagnement, supervision ou analyse de pratiques, certification ou habilitation aux tests psychométriques que vous faites passer, participation à des journées professionnelles. Un plan de développement des compétences formalisé, même sur une page, pèse plus lourd qu'une pile d'attestations non classées.
Le cas limite que peu de pages traitent : le consultant indépendant sans salarié. Le libellé parle de salariés, mais l'auditeur applique l'indicateur au dirigeant-consultant lui-même. Être seul ne vous exonère pas de l'indicateur 22. Cela vous oblige au contraire à documenter votre propre montée en compétence, puisque personne d'autre ne la porte dans la structure.
Pourquoi vous cherchiez en fait l'indicateur 29
Le recueil des appréciations, c'est l'indicateur 29, ouverture du critère 7 : « le recueil et la prise en compte des appréciations et des réclamations formulées par les parties prenantes aux prestations délivrées ». Le référentiel compte 7 critères et 32 indicateurs, dont une partie seulement s'applique à la catégorie d'action « bilan de compétences ». Le critère 7 rassemble les indicateurs 29 à 32, et trois d'entre eux vous concernent directement.
Si vous préparez un audit, cette table de correspondance vous évitera de constituer le mauvais dossier.
| Ce que vous cherchez à prouver | Indicateur | Critère |
|---|---|---|
| Vous développez les compétences de vos intervenants | 22 | 5 |
| Vous recueillez les appréciations des parties prenantes | 29 | 7 |
| Vous traitez réclamations, difficultés et aléas | 30 | 7 |
| Vous mettez en œuvre des mesures d'amélioration | 31 | 7 |
Le détail indicateur par indicateur, avec les attendus propres au bilan, figure dans notre checklist Qualiopi des 32 indicateurs, à parcourir avant de rassembler quoi que ce soit.
Qui sont vos « parties prenantes » en bilan de compétences ?
L'indicateur 29 nomme quatre catégories : bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques et entreprises concernées. La plupart des consultants n'interrogent que la première, et c'est l'écart le plus fréquemment relevé sur ce critère.
Traduit pour un bilan : le bénéficiaire, évidemment. Le financeur, c'est-à-dire l'OPCO, France Travail ou l'employeur qui a mobilisé son plan de développement des compétences. L'équipe pédagogique, y compris vos sous-traitants et intervenants ponctuels. L'entreprise, lorsqu'elle est à l'origine de la demande.

Le cas limite : un bilan intégralement financé par le CPF, réalisé hors temps de travail, sans employeur informé. Il n'y a alors ni entreprise ni financeur à interroger, la Caisse des Dépôts n'étant pas un interlocuteur que l'on sollicite. Ne laissez pas la case vide : écrivez dans votre procédure que ces parties prenantes ont été identifiées comme absentes pour ce type de parcours, et pourquoi. Un non-applicable justifié passe l'audit ; un silence, non.
Que peut-on demander à un financeur sans trahir la confidentialité ?
C'est la tension propre au bilan de compétences, et elle mérite d'être posée noir sur blanc. Le document de synthèse est strictement confidentiel et remis au seul bénéficiaire : il ne peut être communiqué à l'employeur ou au financeur qu'avec l'accord écrit de l'intéressé. Interroger le financeur ne doit donc jamais revenir à lui livrer par la bande le contenu de l'accompagnement.
La ligne de partage est simple. Vous interrogez le financeur sur la relation de service : clarté de votre offre, qualité des échanges administratifs, respect des délais et du volume d'heures conventionné, fluidité de la facturation, pertinence de l'information transmise en amont. Vous ne l'interrogez jamais sur le projet, les résultats des tests ou les conclusions du bilan.
Formalisez cette règle dans votre procédure de recueil. Un auditeur qui la lit y voit deux conformités d'un coup : l'indicateur 29 est couvert, et votre maîtrise du cadre légal du bilan est démontrée au passage.
À quel moment recueillir les appréciations ?
Un questionnaire unique envoyé le dernier jour ne couvre pas l'indicateur. Le bilan se déroule en trois phases sur 24 heures maximum réparties sur plusieurs semaines, et un entretien de suivi peut être proposé dans les six mois suivant la fin du bilan. Ce rythme vous donne naturellement plusieurs points de recueil.
| Moment | Partie prenante | Ce que vous mesurez |
|---|---|---|
| Fin de phase préliminaire | Bénéficiaire | Clarté des objectifs, adéquation du dispositif |
| Fin de phase de conclusions | Bénéficiaire | Satisfaction à chaud, atteinte des objectifs |
| Entretien de suivi à 6 mois | Bénéficiaire | Mise en œuvre réelle du projet |
| Une à deux fois par an | Financeurs, entreprises | Relation de service, administratif |
| Une fois par an | Intervenants, sous-traitants | Outils, process, difficultés rencontrées |
Le recueil à froid est celui que les cabinets oublient le plus souvent, alors qu'il est le plus utile : c'est lui qui vous dit si le projet a tenu. Il alimente aussi vos indicateurs de résultats publiés au titre du critère 1. Adossez-le à l'entretien de suivi plutôt que d'en faire un envoi isolé, le taux de réponse n'a rien à voir.
Ce que l'auditeur vérifie vraiment : l'exploitation, pas la collecte
Voici le point qui fait basculer les audits. Le critère 7 ne récompense pas le fait de poser des questions. Il exige de prouver que les réponses ont produit quelque chose. L'indicateur 29 couvre la collecte, l'indicateur 30 le traitement des réclamations, difficultés et aléas, l'indicateur 31 les mesures d'amélioration issues de l'analyse. Présenter 40 questionnaires bien remplis et rien d'autre, c'est une non-conformité sur 31, parfois sur 29 aussi si aucune synthèse n'existe.
Avant. Un classeur de questionnaires papier, un taux de satisfaction global annoncé de mémoire, aucune trace de ce qui a été décidé.
Après. Une synthèse annuelle chiffrée, trois écarts identifiés, trois actions datées avec un responsable, et la preuve que l'une au moins a été mise en œuvre et réévaluée l'année suivante.
Un exemple qui fonctionne en audit : « 6 bénéficiaires sur 22 jugent la phase d'investigation trop dense. Décision de mars : ajouter une séance intermédiaire de restitution des tests. Mesuré en janvier suivant : le grief disparaît des retours. »
Ce qui change entre un indépendant et un cabinet
Pour un consultant seul, la difficulté est le volume. Avec douze bilans par an, aucun pourcentage n'a de sens statistique et l'auditeur le sait. Ne fabriquez pas de tableau de bord sophistiqué : assumez le qualitatif. Une synthèse annuelle d'une page reprenant les verbatims marquants, ce que vous en avez conclu et ce que vous avez changé vaut mieux qu'un graphique construit sur huit réponses. Votre partie prenante « équipe pédagogique » se résume à vous-même, et cela se dit dans la procédure.
Pour un cabinet multi-consultants, le risque s'inverse : chacun recueille dans son coin, sur son propre formulaire, et rien ne se consolide. L'auditeur demandera qui centralise, à quelle fréquence, et comment un retour négatif remonte au responsable qualité. Un questionnaire commun et une revue trimestrielle règlent l'essentiel du problème.
Dans les deux cas, la mécanique de preuve se prépare en amont, pas la veille de l'audit. Notre méthode d'auto-évaluation Qualiopi avant l'audit détaille comment repérer ces écarts à froid.
Les preuves à sortir le jour de l'audit
Cochez cette liste avant votre audit initial, de surveillance ou de renouvellement :
- Une procédure écrite de recueil, nommant les parties prenantes, les supports, les moments et le responsable.
- Les supports vierges : questionnaire bénéficiaire à chaud, questionnaire à froid, grille financeur, grille intervenants.
- Les réponses collectées sur la période auditée, horodatées et anonymisables.
- Une synthèse d'analyse datée, avec les volumes, les taux de réponse et les écarts identifiés.
- Un plan d'actions correctives avec responsable, échéance et statut d'avancement.
- Le registre des réclamations, même vide, avec la procédure de traitement affichée et une mention de sa mise à disposition des bénéficiaires.
- La preuve de bouclage : au moins une action de l'année précédente mise en œuvre et son effet constaté.
Les deux derniers points sont ceux qui manquent le plus souvent. Un registre vide n'est pas un problème en soi ; l'absence de dispositif de réclamation en est un, puisqu'elle rend l'indicateur 30 invérifiable.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'indicateur 22 et l'indicateur 29 de Qualiopi ?
L'indicateur 22 relève du critère 5 et porte sur le développement des compétences de vos intervenants. L'indicateur 29 relève du critère 7 et porte sur le recueil des appréciations des parties prenantes. Si vous préparez un dossier sur la satisfaction, c'est l'indicateur 29 qu'il vous faut, pas le 22.
Un questionnaire de satisfaction suffit-il pour valider le critère 7 ?
Non. Le questionnaire couvre l'indicateur 29, à condition de viser toutes les parties prenantes concernées. Il faut y ajouter un dispositif de traitement des réclamations et des aléas pour l'indicateur 30, puis la preuve que des mesures d'amélioration ont été décidées et mises en œuvre à partir de l'analyse pour l'indicateur 31.
Depuis quand ces indicateurs s'appliquent-ils au bilan de compétences ?
Depuis le 1er janvier 2022, la certification Qualiopi est obligatoire pour tout organisme souhaitant bénéficier de fonds publics ou mutualisés, dont le CPF. Le bilan de compétences relève d'une catégorie d'action spécifique du référentiel : une partie seulement des 32 indicateurs vous est applicable, et le guide de lecture précise lesquels.
Que faire si aucun bénéficiaire ne répond au questionnaire ?
Un taux de réponse faible n'est pas une non-conformité en soi, mais l'absence de réaction en est une. Documentez les relances effectuées, puis changez de modalité : questionnaire rempli en séance de clôture plutôt qu'envoyé après, ou recueil intégré à l'entretien de suivi. Tracez ce changement dans votre plan d'actions, il devient lui-même une preuve pour l'indicateur 31.
Passez du recueil à la preuve
Le critère 7 se joue sur une chaîne : collecter, analyser, décider, prouver. C'est un travail de traçabilité, pas de rédaction. Si vos questionnaires, vos heures et vos parcours vivent déjà dans le même outil, votre conformité Qualiopi devient un sous-produit naturel d'un bon suivi, et la synthèse annuelle s'écrit en une heure au lieu d'un week-end.
Pour replacer l'indicateur 29 dans l'ensemble du dispositif, notre guide Qualiopi pour le bilan de compétences reprend les indicateurs applicables un par un. Et si vous voulez arrêter de reconstituer vos preuves à la main avant chaque audit, essayez la plateforme gratuitement : recueil des appréciations, suivi légal des heures et export EDOF au même endroit.